Offre de thèse - Le design politique de la planification écologique. Les dispositifs de soutien aux investissements forestiers en France

Le projet REGE-ADAPT cherche son/sa futur(e) doctorant(e) qui travaillera sur "Le design politique de la planification écologique. Les dispositifs de soutien aux investissements forestiers en France".

Environnement de travail, missions et activités

Vous serez accueilli-e au sein de l’Unité de Recherche ETTIS (Environnement, Territoires en Transition, Infrastructures, Sociétés) à l’INRAE de Bordeaux. Cette UR regroupe des compétences en économie, sociologie, géographie, agronomie, science politique, statistiques, mathématiques et sciences de l’ingénieur pour développer des approches intégrées afin d'étudier les trajectoires de transitions socio-écologiques et d’adaptation des territoires face aux changements globaux et aux inégalités. La thèse sera dirigée par Andy Smith, Directeur de recherche au Centre Emile Durkheim – Sciences Po Bordeaux et Arnaud Sergent, Chercheur en science politique à l’UR ETTIS. Elle sera inscrite à l’Ecole doctorale Sociétés, Politique, Santé Publique (EDSP2) Bordeaux. 

La thèse s’inscrit dans le cadre du programme PEPR FORESTT et du projet de recherche interdisciplinaire REGE-ADAPT centré sur la compréhension, la gestion et la gouvernance du renouvellement des forêts. En complément des travaux menés sur les facteurs et contraintes écologiques à ce renouvellement forestier, et en articulation avec les études portant sur les déterminants sociotechniques des trajectoires de régénération forestière, la thèse cherchera à analyser les conditions politiques de soutien à l’investissement forestier. 

Depuis la création du fonds stratégique de la forêt et du bois en 2014, renforcé par le programme de renouvellement forestier France 2030 (France Nation Verte), l’Etat a considérablement augmenté les moyens dédiés aux investissements forestiers au nom des enjeux de planification écologique associés à la Stratégie nationale bas carbone (SNBC), au Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC) et à la Stratégie Nationale Biodiversité (SNB). Ces moyens viennent en complément des soutiens apportés par les financements européens et par les collectivités territoriales, en fonction des choix et des orientations locales. En parallèle, de nombreux dispositifs reposant sur des initiatives « privées » ont émergé, en lien notamment avec la valorisation des services écosystémiques rendus par la forêt (crédits carbone, biodiversité). On assiste donc à la multiplication des acteurs et des formes de soutien à l’investissement forestier, mais aussi à la diversification des orientations encouragées par ces dispositifs. L’enjeu scientifique de cette thèse est d’analyser ces dispositifs (et leurs trajectoires) comme la composante d’une politique de planification écologique qui interroge le renouvellement des modes de gouvernance dans le domaine forestier. Pour le décideur public et pour les acteurs socio-professionnels il s’agit non seulement de travailler au calibrage et à la coordination des différents dispositifs de soutien à l’investissement forestier (design) mais aussi de réfléchir aux conditions futures de financement des activités de gestion forestière pour répondre aux défis du renouvellement des forêts pour l’adaptation au changement climatique et de l’approvisionnement en bois de la bioéconomie forestière.

La première partie de la thèse sera consacrée d’une part à la consolidation des bases théoriques et analytiques du projet de thèse et d’autre part à une analyse synchronique et diachronique de la diversité des dispositifs de soutien à l’investissement forestier. Ce travail sera réalisé sur la base de la littérature scientifique, de la littérature grise et des sources de données disponibles auprès des opérateurs publics et privés des différents dispositifs. La deuxième partie analysera plus en détail certains dispositifs en cours (6 à 8 dispositifs « cas d’étude »), dont le programme national de renouvellement forestier. Cette sélection couvrira les dispositifs privés et publics et donnera lieu à une série d’entretiens semi-directifs auprès des acteurs concernés. L’analyse se concentrera sur leur genèse, leur mise en œuvre, leurs interdépendances et leurs perspectives d’évolution. La dernière partie sera consacrée à un travail analytique fondamental destiné à alimenter les réflexions sur les enjeux politiques de la planification écologique et plus spécifiquement sur les perspectives d’évolution du gouvernement forestier.

Etre titulaire d'un permis B de plus d’un an pour pouvoir conduire les véhicules de service et se déplacer sur le terrain.

Formations et compétences recherchées

Master/Ingénieur (Bac+5)

Formation recommandée : Master 2 en Sciences Sociales (sociologie, science politique, économie)

Connaissances souhaitées : Il est attendu un niveau de maîtrise minimum des enjeux d’analyse de l’action publique et de gouvernement de l’environnement.

Expérience appréciée : Réalisation d’enquêtes qualitatives et conduite d’entretiens semi-directifs. Stages dans des laboratoires de recherche, rédaction de mémoire, voire d’article scientifique.

Aptitudes recherchées : Appétence pour le travail bibliographique et la rédaction scientifique, autonomie et rigueur dans la conception, la réalisation et le traitement d’enquêtes, capacité à travailler en équipe et à collaborer avec des chercheurs de diverses disciplines, maîtrise du français et de l’anglais scientifique.

Modalités pour postuler

Merci de transmettre un CV et une courte proposition scientifique pour répondre aux attendus de la thèse (2/3 pages maximum). Date limite : le 30 avril 2026

Contact : SERGENT ARNAUD | arnaud.sergent@inrae.fr 

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Voir aussi

Références bibliographiques indicatives :

Aggestam, F. (2024). European Forest Policy and Governance: An Integrative Analytical Framework. Taylor & Francis.

Ansaloni, M., & Smith, A. (2017). Des marchés au service de l’État. Gouvernement et action publique, 6(4), 9-28.

Durand, A. (2022). Quelle planification écologique. Constructif, 63(3), 97-100.

Espagne, É., & Magacho, G. (2022). Planification écologique et changement structurel. Revue de l'OFCE, 176(1), 175-201.

Granjou, C., Banos, V., Le Berre, S., & Sergent, A. (2024). Greening, climatizing, and decarbonizing: an inquiry into the transformation of productive sectors and activities. Review of Agricultural, Food and Environmental Studies, 105(1), 1-16.

Hall, P. A. (1993). Policy paradigms, social learning, and the state: the case of economic policymaking in Britain. Comparative politics, 275-296.

Howlett, M. (2020). Challenges in applying design thinking to public policy: Dealing with the varieties of policy formulation and their vicissitudes. Policy & Politics, 48(1), 49-65.

Lepont, U. (2024). L’« État investisseur » ou la redéfinition contemporaine du rôle légitime de l’État. Gouvernement et action publique, VOL. 13(2), 61-85.

Meckling, J. (2015). Oppose, support, or hedge Distributional effects, regulatory pressure, and business strategy in environmental politics. Global Environmental Politics, 15(2), 19-37.

Poupeau, F. M. (2023). L’État en quête d’une stratégie énergie-climat. Paris. Presses des Mines

Sergent, A., Arts, B., & Edwards, P. (2018). Governance arrangements in the European forest sector: Shifts towards ‘new governance’ or maintenance of state authority. Land Use Policy, 79, 968-976.

Vatn, A. (2018). Environmental governance – from public to private. Ecological economics, 148, 170-177.

Viennot, M. (2025). La planification écologique. La Découverte. Paris.